European Gaming and Betting Association - EGBA

L’ European Gaming and Betting Association - EGBA est une association sans but lucratif basée à Bruxelles. Elle promeut le droit des opérateurs de paris et de jeux privés qui sont soumis à la législation d’un Etat membre par une licence à avoir un accès équitable au marché dans toute l’Union européenne. Le jeu et les paris en ligne est un marché à la croissance rapide, mais restera, au cours des prochaines décennies, une part négligeable du marché du jeu européen global, dans lequel on s’attend à ce que l’offre traditionnelle terrestre passe de ? 85 milliards en terme de revenus bruts globaux en 2008 à ? 93 milliards de revenus bruts globaux en 2012, et donc qu’elle gardera la part du lion avec 88,1% du marché.

L’ European Gaming and Betting Association - EGBA est une association d’opérateurs de paris et de jeux européens importants, qui comprend Bet-at-home.com, Bwin, Digibet, Expekt, Interwetten, Party Bets alias PartyGaming et Unibet .

05/06/2007 : L’ European Gaming and Betting Association - EGBA : un combat musclé pour un jeu en ligne propre !

- INTERVIEW EXCLUSIVE EGBA -

1) Qui êtes-vous et que pouvez-vous nous dire sur votre parcours personnel?

Je m’appelle Sigrid Ligné, je suis la secrétaire générale de l’ European Gaming and Betting Association - EGBA, l’association européenne des opérateurs de jeux et de paris en ligne. Cette association professionnelle, à but non lucratif, regroupe les sept principaux opérateurs européens : betathome, bwin, Unibet, Partygaming, Carmen media group, Expekt et Interwetten.

Avant d’arriver à l’*European Gaming and Betting Association - EGBA* en mars 2007, j’ai débuté ma carrière au Service Juridique du Conseil de l’UE et à la Commission européenne. Au cours des dix dernières années, je me suis orientée vers le métier du conseil où j’ai notamment dirigé une agence de conseil en affaires européennes à Bruxelles.

2) Quelle est la fonction première de l’European Gaming and Betting Association - EGBA? Quelle la date de création de votre société ?

L’ European Gaming and Betting Association - EGBA est née en mars 2007 à Bruxelles. Elle remplace l’EBA (European Betting Association) créée en 2003 tout en reprenant ses principes. L’ European Gaming and Betting Association - EGBA veut promouvoir la mise en œuvre à l’échelle européenne d’un marché des jeux en ligne concurrentiel, équitable et réglementé. Ce marché doit être accessible aux opérateurs appliquant des normes élevées en matière de jeu responsable garantissant en particulier la protection des consommateurs et la protection des mineurs. L’ European Gaming and Betting Association - EGBA estime que les consommateurs devraient avoir accès à un éventail plus large d’opérateurs européens réglementés et bénéficier des meilleures normes de protection. Des objectifs qui pourront sans doute être atteints plus aisément dans le cadre d’une concurrence saine et strictement réglementée que dans des conditions de prohibition et de monopole.

3) Quelles sont les valeurs de l’ European Gaming and Betting Association - EGBA? Qu’apportez-vous à vos membres

Nous souhaitons que les joueurs puissent utiliser des sites de jeux en ligne sécurisés, responsables et assurant un haut niveau de protection des joueurs. Les opérateurs membres ont tous développé des outils et des mesures pour empêcher les mineurs de jouer, de prévenir la dépendance aux jeux ou encore de rendre impossible sur leur site tout blanchiment d’argent. L’association défend les intérêts de l’industrie auprès des Institutions européennes et des instances nationales.

4) Comptez-vous accroître l’inscription des sites membres? Ces inscriptions sont elles payantes?

Notre association regroupe déjà les 7 principaux acteurs du jeu en ligne en Europe, qui comme toute association professionnelle, fonctionne sur la base des cotisations annuelles de ses membres. Nous ne sommes pas à la recherche active de nouveaux membres mais sommes ouverts aux candidatures émanant de sociétés répondant à tous nos critères d’adhésion.

5) Comment expliquez-vous le fait que l’ European Gaming and Betting Association - EGBA compte davantage de sites de paris sportifs que de casinos ou bien de poker ? Quels sont vos critères d’acceptation?

Nos critères d’adhésion ne portent pas sur le type de jeux proposés mais sur la qualité des prestataires et des services proposés. European Gaming and Betting Association - EGBA ne regroupe que des opérateurs établis et titulaires de licences européennes et acceptant de mettre en œuvre et de respecter chaque point de notre code de conduite et de nos standards en matière de jeux responsable, de protection des mineurs, de sécurité des jeux et des paiements, et de lutte contre les risques de blanchiment d’argent.

6) Quelles sont vos actions: communication, lobbying, réunions?

Notre principal objectif est de défendre le droit des opérateurs européens de jeux en ligne et de prester, sur la base de leur licence nationale, leurs services dans les autres pays européens conformément aux principes fondamentaux européens. A cette fin nous avons ouvert un dialogue avec les autorités européennes et certaines autorités nationales, et avons décidé de clarifier auprès des médias et de l’opinion publique quels sont les véritables enjeux. Nous avons mis en place un site Internet accessible également en langue française depuis quelques jours (www.egba.eu) qui a pour vocation de favoriser une compréhension commune et un dialogue interactif entre tous les acteurs du marché.

7) Etes vous en discussion directe avec des membres des instances gouvernementales? Si oui, comment se déroule le dialogue ?

Nous avons des contacts réguliers avec les Institutions Européennes. Le dialogue avec les autorités politiques de chaque pays varie. Pour donner l’exemple de la France, nous avons souhaité à plusieurs reprises ces derniers mois noué un dialogue avec des représentants de différents ministères, mais sans résultat pour le moment. Dans d’autres pays européens la discussion est constructive et nos interlocuteurs à la recherche de solutions équitables et responsables.

8) Quel est, selon vous, l’avenir des monopoles d’états en France? D’autres pays vont ils s’ouvrir au jeu bientôt?

A terme, je pense que la France ouvrira son marché pour plusieurs raisons :

- d’abord sur le plan strictement juridique, la France est soupçonnée de protectionnisme et d’enfreindre les règles européennes : en clair elle interdit son marché aux autres opérateurs européens sans apporter la preuve que le PMU et la Française des Jeux ont une valeur ajoutée en matière de protection des consommateurs et de l’ordre public.

- sur le plan économique, la prohibition ne marche pas et d’ailleurs une récente étude a proposé que le marché français soit ouvert à un nombre limité d’acteurs répondant à ces critères stricts en matière de prévention et de lutte contre le blanchiment

- sur le plan européen, il existe des exemples de pays comme la Grande Bretagne où le jeu est légalisé et réglementé depuis de nombreuses années et qui montrent qu’il est possible d’avoir plusieurs entreprises sur le marché répondant à un cahier des charges strict sans pour autant exposer le joueur davantage.

Mais il est difficile aujourd’hui d’en déterminer le calendrier. Même si la Commission Européenne a ouvert une procédure d’infraction au droit communautaire contre la France qu’elle devrait confirmer le 27 juin prochain, le parlement français a adopté une loi qui va à l’encontre d’une ouverture du marché à des opérateurs autres que le PMU ou la FDJ.

9) Les affilies peuvent ils s’inscrire a l’ European Gaming and Betting Association - EGBA et participer activement, soutenir votre action?

L’affiliation n’est pas notre métier principal même si certain de nos membres proposent des programmes de ce type. Il n’est donc pas prévu d’adhésion pour les affiliés. Mais tout soutien en faveur d’une ouverture contrôlée du secteur des jeux en ligne est le bienvenu !

10) Les affilies sont parfois un peu laissés de coté quant à leur statut légal, avez vous des recommandations? Certains de nos membres affiliés sont en France avec un Internet Service Provider francais, qu’en pensez-vous ?

Encore une fois, l’affiliation est un métier différent. Pourquoi ne pas constituer une association professionnelle, comme nous l’avons fait, pour faire reconnaître vos droits ?

11) Quelles seront les dates clefs selon vous, pour l’ouverture du marche Francophone?

Comme je le précisais tout à l’heure, on ne peut pas raisonner en terme de date mais plutôt en terme d’étape. A ce titre, une étape importante pour tous les acteurs du secteur (monopoles compris) va être franchie d’ici fin juin avec la réponse de la commission européenne sur le cas de la France. La Commission va rendre un avis estimant si oui ou non la France a une politique discriminatoire en matière de jeu en ligne.

12) Le gouvernement français tente désespérément de faire filtrer les sites de jeux, pensez-vous qu’il soit possible de porter plainte?

C’est effectivement une possibilité mais ce n’est lutter que contre une partie du dispositif.

13) En attendant, et en vue du traitement assez brutal vis à vis de nombreux opérateurs, notamment Bwin, devons nous encore craindre ces méthodes littéralement cruelles vis à vis des opérateurs et affiliés?

Je ne crois pas que faire passer des sociétés européennes cotées en Bourse comme des entreprises criminelles soit une approche responsable et constructive. Cette approche n’est pas acceptable au sein de l’Union européenne et détourne l’attention des autorités des vrais problèmes : la prise en charge des joueurs en difficultés, la lutte contre les vrais réseaux de blanchiment ou la mise en place de dispositifs et de contrôles visant à prévenir l’accès des mineurs aux jeux d’argent.

14) Partygaming est un membre actif de votre association, pourquoi se sont ils retirés de la France?

Vous avez raison PartyGaming est membre de l’ European Gaming and Betting Association - EGBA mais je pense qu’il faut leur poser la question directement !

15) Unibet semble soutenu par le commissaire européen Mr McCreevy. Selon vous, y aura t-il une résolution positive quant à l’imbroglio juridique avec leur équipe de cyclistes?

La vraie question aujourd’hui est la suivante : pourquoi une équipe sponsorisée par une entreprise européenne de jeux en ligne ne pourrait-elle pas participer à des épreuves sportives en Europe alors que dans le même temps, une entreprise en situation de monopole a le droit de le faire avec son équipe cycliste ? Cette situation n’est pas tenable et la Commission européenne l’a fait savoir.

A l’ European Gaming and Betting Association - EGBA, nous soutenons l’action d’Unibet pour faire reconnaître ses droits et espérons une issue positive.

16) Le PMU et la FDJ sont particulièrement agressifs, avez vous des commentaires a ce sujet?

L’agressivité tient certainement au fait que ces entreprises craignent pour leurs revenus alors qu’elles sont en fait bien armées pour faire face à des concurrents. Depuis plusieurs années, elles ont développé des jeux, investit massivement en publicité, pris le virage de l’Internet et des services mobiles. Comme toute entreprise, elles souhaitent développer leur activité économique, ce qui est parfaitement compréhensible. Mais être en situation de monopole appelle un certain nombre d’obligations comme la protection des mineurs ou la lutte contre la dépendance au jeu qui ont été mis au second plan. Il aura fallu attendre que la Commission européenne fasse pression pour que les entreprises se rappellent leurs devoirs.

17) Certains pays européens délivrent déjà des licences de jeux. Pensez-vous que chaque pays doit délivrer sa propre licence ou bien qu’une seule licence doit idéalement suffire pour exercer dans toute l’Europe ?

Les opérateurs européens, membres de l’ European Gaming and Betting Association - EGBA, qui possèdent déjà des licences européennes sont autorisés à proposer leurs services à tout citoyen européen sur la base de ces licences. Cela est rendu possible en vertu de la libre prestation de services définie par les traités européens. Nous souhaitons donc la reconnaissance par la France des licences détenues en Europe par les opérateurs membres de l’ European Gaming and Betting Association - EGBA.

Toutefois, les Etats membres peuvent tout à fait mettre en œuvre un système de licences spécifiques, comme c’est le cas en Grande-Bretagne. Mais celles-ci doivent respecter la réglementation européenne et être justifiées puisqu’elles constituent une restriction du marché.

18) Dans quelle mesure les affiliés francophones peuvent-ils aider votre association dans ses démarches ? Avez-vous quelques guidelines susceptibles de favoriser la légalisation du jeu en ligne au niveau de l’union Européenne ?

Attention, à ce jour, le jeu en ligne en lui-même n’est pas interdit mais il est, dans certains pays, comme la France réservé aux seules entreprises détenant un monopole d’état. Il faut plutôt parler d’ouverture du secteur. Celle-ci doit être maîtrisée c’est-à-dire que tous les opérateurs européens souhaitant offrir des jeux en ligne doivent apporter des garanties fortes en matière de protection des joueurs, de prévention de la dépendance et de lutte contre le blanchiment d’argent. C’est ce que les membres de notre association se sont engagés à faire depuis l’origine.

19 ) Avez vous un mot à faire passer à nos membres affiliés, peut être une petite note d’espoir ;-)?

Pourquoi seulement une petite note ? Même s’il reste du chemin à parcourir avant une harmonisation européenne, de plus en plus de pays européens prennent conscience qu’une situation de monopole ne règle pas tout et qu’elle n’est pas la seule solution pour garantir un jeu responsable. Nous allons donc suivre avec attention les prochaines décisions de la Commission européenne concernant les procédures menées contre 9 pays dont la France. Nous en saurons davantage à la fin du mois de juin 2007!


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