Face aux prisons indiennes, Dikshit a fait le bon choix!
22/12/2008 - Anurag Dikshit, co-fondateur de PartyGaming, a plaidé coupable la semaine passée pour jeu Internet illégal, et a accepté de collaborer avec le Department of Justice des Etats-Unis pour une enquête sur PartyGaming, et ce malgré le fait qu’il n’ait jamais été accusé de crime. L’accord avec le Department of Justice inclut deux années de prisons éventuelles.
Mais pour ce millionnaire de 35 ans, vivre derrières les barreaux dans une prison américaine ne devrait pas être trop dur. Comparé avec les prisons de son Inde natale, même si Dikshit devait effectuer sa peine à Alcatraz, ce serait toujours des vacances au Club Med.
« Des prisons surpeuplées, la détention prolongée de prisonniers en attente de jugement, des conditions de vie insatisfaisantes, un manque de programmes de traitement et des allégations d’une approche indifférente voir inhumaine de la part des gardiens, sont autant de points noirs qui ont attiré de façon répétée l’attention des critiques au fil des années ».
Colin Gonsalves décrit la détresse présente dans les prisons en Inde : « Le niveau de barbarisme en ce qui concerne le traitement qu’une nation accorde à ses prisionniers est peut-être plus uniforme que ce que à quoi nous, Indiens, nous attendons. Les pays en voie de développement aussi bien que les pays développés traitent leurs détenus avec une certaine dépravation, qui en dit long sur la nature de la civilisation contemporaine et son attitude vis-à-vis de l’être humain.
« Si on applique même les standards les plus rétrogrades, les prisonniers indiens se trouvent au plus bas de la liste – un niveau de perversité qui est à la hauteur de nos sermons pieux et moralisateurs à l’étranger. Au pays de Gandhi et de la non-violence, les prisons restent dépravées et brutales. Les prisonniers se décomposent intérieurement.
« Viols, sodomies, tortures, gardes à vue sans autorisation légale, chaines et fers, détentions bien plus longues que ce qui a été déterminé par la sentence, isolation, démence, mauvais traitement des enfants et des femmes, traffic de drogue et proxénétisme organisés par les hauts gradés… tout cela fait le quotidien des prisons. Arracher des yeux comme dans l’affaire de Bhagalpur ou enfoncer des batons dans l’anus des prisonniers comme dans le cas de Batra, c’est peut-être plus rare, mais cela reste une réalité. »
Bien entendu, on peut « acheter la justice » en Inde. Dikshit, avec tout son argent , pourra certainement « acheter la justice ». Au moins il pourra éviter de se faire arracher les yeux.
